Expertises Exit tax (167 bis CGI) Résidence fiscale UAE Corporate Tax UAE Convention France-EAU Création de société Expatriation fiscale Régime des impatriés Immobilier à Dubaï
Outils Pack RH impatriés Simulateur exit tax Test résidence UAE Checklist 12 mois (PDF) Comparateur free zones Test éligibilité impatriés
Insights Tous les articles Impôt universel (CF380) Exit tax 2026 Presse
Le cabinet À propos Consultation & honoraires Presse Contact
Prendre rendez-vous +971 55 659 4477

Plus-value de revente d'un bien à Dubaï : quelle imposition ?

La revente d'un appartement à Dubaï peut dégager une plus-value substantielle. Où est-elle imposée, et que doit déclarer un résident fiscal français ? Un sujet à cadrer avant l'achat, pas à la sortie.

Silo Immobilier Dubaï Vue d'ensemble Sécuriser l'achat IFI Convention France-EAU Revenus locatifs Structuration Plus-value Golden Visa Résidents belges Résidents suisses
En bref

La plus-value de cession d'un immeuble situé à Dubaï est, en application de la convention France-EAU du 19 juillet 1989, imposable au lieu de situation du bien — où il n'existe pas d'impôt sur les plus-values des personnes physiques. Pour un résident fiscal de France, la convention attribue l'imposition des gains immobiliers à l'État de situation (article 11, § 1) et l'élimination de la double imposition s'opère par un crédit d'impôt égal à l'impôt payé aux Émirats (article 19, § 1) ; les Émirats n'imposant pas les plus-values des particuliers, ce crédit est nul en pratique : la plus-value demeure donc effectivement imposée en France (19 % au titre de l'article 200 B du CGI, prélèvements sociaux de 17,2 % et, le cas échéant, taxe de l'article 1609 nonies G du CGI au-delà de 50 000 € de plus-value imposable), et doit être déclarée. Les modalités exactes — assiette, abattements, prélèvements sociaux — dépendent étroitement de votre situation et doivent être vérifiées au cas par cas avant l'opération.

Où la plus-value est-elle imposée ?

Comme pour les loyers, la convention attribue l'imposition des gains provenant de l'aliénation de biens immobiliers à l'État où l'immeuble est situé. Une plus-value réalisée sur un bien de Dubaï relève donc de la fiscalité émirienne, qui n'impose pas les plus-values immobilières des particuliers. Ce constat ne clôt pas l'analyse pour un résident de France.

Ce que change la résidence fiscale française

Pour un résident de France, la convention attribue l'imposition des gains immobiliers à l'État de situation (article 11, § 1) et l'élimination de la double imposition s'opère par un crédit d'impôt égal à l'impôt payé aux Émirats (article 19, § 1). Les Émirats n'imposant pas les plus-values des particuliers, ce crédit est nul en pratique : la plus-value demeure donc effectivement imposée en France — 19 % au titre de l'article 200 B du CGI, prélèvements sociaux de 17,2 % et, le cas échéant, taxe de l'article 1609 nonies G du CGI au-delà de 50 000 € de plus-value imposable. La cession donne lieu au dépôt de la déclaration n° 2048-IMM dans le mois de la cession (CGI, art. 150 VG), y compris pour un acte passé à l'étranger, puis au report sur la déclaration d'ensemble des revenus. Le mécanisme conventionnel est détaillé sur la page convention France-EAU.

Un terrain technique : ne pas se fier à une règle simple

L'articulation entre la convention, le droit interne français des plus-values immobilières (assiette, durée de détention, abattements) et la question des prélèvements sociaux est délicate et évolutive. Deux situations en apparence proches peuvent aboutir à des résultats différents. C'est un sujet à sécuriser en amont, par une analyse individualisée, et non à découvrir au moment de la revente.

Anticiper dès l'achat

La fiscalité de sortie se prépare à l'entrée : la structure de détention (voir structuration), votre résidence fiscale au moment de la cession et le calendrier de l'opération conditionnent le résultat. Un cadrage préalable évite les mauvaises surprises et sécurise l'opération.

Cadrer la fiscalité de revente avant d'acheter

Résidence, structure, calendrier : les paramètres qui déterminent l'imposition de votre plus-value, étudiés en amont.

Faire étudier mon projet

Cas chiffré complet

L'exemple qui suit illustre la mécanique exposée ci-dessus. Les hypothèses : un appartement acquis à Dubaï en juillet 2026 pour 2 000 000 AED, soit environ 476 000 €, revendu 650 000 € par un cédant résident fiscal de France détenant le bien en direct. La plus-value brute ressort à 174 000 €. Par prudence, le calcul est mené sans majoration du prix d'acquisition — les frais d'acquisition, examinés plus bas, viendraient encore réduire ces montants. Les sommes payées en dirhams doivent par ailleurs être converties en euros de manière documentée, la question du cours applicable à chaque opération méritant d'être traitée avec soin.

Cession après 5 ans de détention

Aucun abattement pour durée de détention ne s'applique avant la sixième année (CGI, art. 150 VC). La plus-value imposable est donc de 174 000 €, tant pour l'impôt sur le revenu que pour les prélèvements sociaux :

Soit une charge totale de 69 948 €, environ 40 % de la plus-value — pour une opération qui, vue de Dubaï, paraissait exonérée.

Cession après 15 ans de détention

L'abattement de l'article 150 VC court de la sixième à la quinzième année, soit dix années : 60 % pour l'impôt sur le revenu (6 % par an) et 16,5 % pour les prélèvements sociaux (1,65 % par an) :

Total : 39 606 €. On observe que les prélèvements sociaux, dont l'abattement progresse lentement, deviennent la composante principale de la charge.

Cession après 22 ans, puis après 30 ans

Au terme de la vingt-deuxième année, l'exonération d'impôt sur le revenu est acquise (6 % par an de la sixième à la vingt et unième année, 4 % la vingt-deuxième). La taxe de l'article 1609 nonies G, assise sur la plus-value imposable à l'impôt sur le revenu, disparaît avec elle. Restent les prélèvements sociaux, dont l'abattement n'atteint alors que 28 % (1,65 % par an de la sixième à la vingt et unième année, 1,60 % la vingt-deuxième) : sur une assiette de 125 280 €, ils s'élèvent encore à 21 548 €. L'exonération totale n'est acquise qu'au terme de la trentième année, l'abattement des prélèvements sociaux passant à 9 % par an de la vingt-troisième à la trentième année.

Durée de détentionIR (19 %)Prélèvements sociaux (17,2 %)Taxe 1609 nonies GCharge totale
5 ans33 060 €29 928 €6 960 €69 948 €
15 ans13 224 €24 990 €1 392 €39 606 €
22 ans0 € (exonération)21 548 €0 €21 548 €
30 ans0 €0 €0 €0 €

Plus-value brute de 174 000 €, sans majoration du prix d'acquisition. Le barème de l'article 1609 nonies G est progressif, de 2 % (plus-value imposable comprise entre 50 001 € et 100 000 €) à 6 % au-delà de 260 000 € (lissage entre 250 001 et 260 000 €), avec un mécanisme de lissage à l'entrée de chaque tranche (BOI-RFPI-TPVIE-20, § 70).

Ne pas oublier les frais d'acquisition

Le prix d'acquisition est majoré des frais afférents à l'acquisition à titre onéreux (CGI, art. 150 VB, II), retenus soit pour leur montant réel sur justification, soit forfaitairement à 7,5 % du prix d'acquisition (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20, § 30 et 70). Pour un achat à Dubaï, les frais réels comprennent notamment le droit d'enregistrement de 4 % perçu par le Dubai Land Department — soit 19 040 € dans notre exemple — et, le cas échéant, la commission d'agence supportée par l'acquéreur. Le forfait de 7,5 % représenterait ici 35 700 € : lorsque le forfait excède les frais réels, il est en principe plus favorable, mais son application à une acquisition réalisée à l'étranger doit être sécurisée au cas par cas, pièces à l'appui. Le texte prévoit également, pour les immeubles bâtis détenus depuis plus de cinq ans, un forfait travaux de 15 % du prix d'acquisition, alternatif aux dépenses réelles justifiées. Autant de paramètres qui réduisent la plus-value imposable — à condition d'avoir conservé, dès l'achat, une documentation exploitable (voir sécuriser l'achat).

Revente d'un bien sur plan avant livraison

Le marché de Dubaï se caractérise par un volume important de reventes de biens sur plan (off-plan), avant achèvement : l'acquéreur initial cède son contrat de vente à un tiers, moyennant le plus souvent une prime, avec l'accord du promoteur (No Objection Certificate) et la mise à jour de l'enregistrement provisoire Oqood auprès du Dubai Land Department. Côté émirien, l'analyse ne change pas : aucun impôt ne frappe le gain réalisé par le particulier.

Côté français, la qualification appelle de la prudence. Le cédant ne vend pas un immeuble achevé mais des droits contractuels portant sur un immeuble à construire. Si ces droits s'analysent en droits relatifs à un bien immobilier, le gain a vocation à relever du régime des plus-values immobilières des particuliers (CGI, art. 150 U et suivants), la convention couvrant les gains provenant de l'aliénation de biens immobiliers et des droits s'y rapportant (article 11, § 1) — avec la même conclusion pratique qu'en cas de revente d'un bien livré : imposition effective en France. La qualification exacte dépend toutefois de la nature des droits conférés par le contrat de droit émirien et s'apprécie au cas par cas. Deux points de vigilance : la durée de détention est par construction courte, donc sans aucun abattement, et la prime encaissée peut franchir le seuil de 50 000 € déclenchant la taxe de l'article 1609 nonies G. Une opération de flip off-plan, banale à Dubaï, mérite donc un cadrage fiscal français avant signature.

Moins-value et pertes

Le marché immobilier de Dubaï est cyclique et une revente à perte n'a rien de théorique. Le traitement français est alors asymétrique : si la plus-value est imposée, la moins-value, elle, est fiscalement perdue. L'article 150 VD du CGI pose le principe selon lequel la moins-value brute réalisée sur la cession d'un bien n'est pas prise en compte : elle ne s'impute ni sur les plus-values réalisées sur d'autres biens, la même année ou les années suivantes, ni sur le revenu global du cédant.

La seule dérogation prévue par le texte vise la vente en bloc d'un immeuble acquis par fractions successives, constatée par le même acte et entre les mêmes parties : dans ce cas particulier, les moins-values brutes s'imputent sur les plus-values brutes corrigées de l'abattement pour durée de détention. En dehors de cette hypothèse, un investisseur qui revend la même année un bien en gain et un bien en perte sera imposé sur l'intégralité du premier, sans compensation. Aucune conséquence côté émirien, en l'absence d'impôt ; côté français, l'absence d'imposition ne dispense pas d'examiner les obligations déclaratives attachées à la cession. Ce risque de perte sèche est un paramètre à intégrer dans le calendrier des cessions et, en amont, dans la structuration de la détention.

Questions fréquentes

Oui, en pratique, pour un cédant résident fiscal de France. La convention attribue l'imposition au lieu de situation du bien (Dubaï), où il n'existe pas d'impôt sur les plus-values des particuliers, mais le crédit d'impôt français est limité à l'impôt payé aux Émirats — nul en pratique. La plus-value demeure donc effectivement imposée en France (19 %, prélèvements sociaux de 17,2 % et, le cas échéant, taxe de l'article 1609 nonies G du CGI), après abattements pour durée de détention appréciés au cas par cas.
Un résident fiscal de France déclare ses revenus et gains de source étrangère. L'absence d'impôt aux Émirats ne dispense pas des obligations déclaratives françaises : la cession donne lieu au dépôt de la déclaration n° 2048-IMM dans le mois de la cession (CGI, art. 150 VG), puis au report sur la déclaration d'ensemble des revenus. Les modalités précises dépendent de votre situation et de la structure de détention.
Le transfert de résidence fiscale modifie l'analyse, mais il obéit à des conditions strictes et ne s'improvise pas : la seule détention d'un Golden Visa ne suffit pas. Un tel schéma, et son calendrier, doivent être étudiés avec un conseil avant toute décision. Voir résidence fiscale et Golden Visa.
L'exonération d'impôt sur le revenu est acquise au terme de 22 années de détention, par le jeu de l'abattement de l'article 150 VC du CGI (6 % par an de la 6e à la 21e année, 4 % la 22e). Les prélèvements sociaux suivent un rythme plus lent (1,65 % par an de la 6e à la 21e année, 1,60 % la 22e, puis 9 % par an de la 23e à la 30e) : ils ne disparaissent qu'après 30 années. Entre 22 et 30 ans de détention, seuls les prélèvements sociaux restent donc dus.
Oui. Dès lors que la plus-value imposable en France — après abattement pour durée de détention — excède 50 000 €, la taxe de l'article 1609 nonies G du CGI s'ajoute à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, selon un barème progressif de 2 % à 6 % appliqué au montant total de la plus-value imposable. La localisation du bien à Dubaï est sans incidence pour un cédant résident fiscal de France.
Oui, en majoration du prix d'acquisition : les frais afférents à l'acquisition à titre onéreux — dont les droits d'enregistrement, tels que les 4 % perçus par le Dubai Land Department — sont retenus pour leur montant réel sur justification, ou forfaitairement à hauteur de 7,5 % du prix d'acquisition (CGI, art. 150 VB, II). Il convient de retenir la solution la plus favorable et de conserver l'ensemble des justificatifs dès l'achat.
Aucune imposition n'est due en l'absence de plus-value, mais la moins-value est fiscalement perdue : l'article 150 VD du CGI exclut son imputation sur les plus-values réalisées sur d'autres biens — sauf le cas particulier de la vente en bloc d'un immeuble acquis par fractions successives — comme sur le revenu global.
Non. Cette page traite du cédant résident fiscal de France : un résident belge ou suisse est hors du champ de l'impôt français pour un bien situé à Dubaï, et l'imposition de sa plus-value dépend des règles de son État de résidence et de la convention conclue par celui-ci avec les Émirats. Des pages dédiées sont en préparation.

Sources officielles

Références à jour au 19 juillet 2026. Toute application à une situation particulière requiert une analyse individualisée.

  • Convention franco-émirienne du 19 juillet 1989, art. 11 et 19 — texte consolidé (impots.gouv.fr) ; BOI-INT-CVB-ARE (généralités sur la convention).
  • BOI-RFPI-TPVIE-20 — taxe sur les plus-values immobilières élevées (CGI, art. 1609 nonies G) : assiette, seuil de 50 000 € et barème de 2 % à 6 %.
  • BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20 — majoration du prix d'acquisition (CGI, art. 150 VB) : frais réels ou forfait de 7,5 %, forfait travaux de 15 %.
  • Imprimé 2047 — déclaration des revenus et gains de source étrangère.
Immobilier Dubaï · Réserver une consultation