Articulation entre l'article 167 bis CGI, la convention fiscale franco-émirienne du 19 juillet 1989, le UAE Corporate Tax et la Cabinet Decision 85/2022. Sursis sur option, garanties, représentant fiscal et cas chiffré pour un dirigeant cédant.
L'exit tax (article 167 bis du CGI) frappe le transfert du domicile fiscal vers n'importe quel État étranger, y compris les Émirats arabes unis. Mais le régime de sursis applicable est très différent selon que le contribuable rejoint un État membre de l'UE ou un État tiers comme les EAU. Trois éléments structurants conditionnent l'analyse :
Pour un départ vers Dubaï, c'est le sursis prévu au V de l'article 167 bis du CGI qui doit être sollicité. Il est conditionné :
Beaucoup de candidats à l'expatriation à Dubaï pensent qu'aucune démarche n'est nécessaire avant leur départ. Le délai de 90 jours est un délai de procédure, non un objectif idéal : son non-respect conduit à la perte du sursis et à l'exigibilité immédiate de l'impôt à la date du transfert.
Depuis le 1er juin 2023, les Émirats arabes unis appliquent un impôt sur les sociétés fédéral (Federal Decree-Law No. 47 of 2022) au taux standard de 9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfice imposable. Les entités situées en zone franche peuvent bénéficier du régime QFZP (Qualifying Free Zone Person) à 0 % sur leur revenu qualifiant, sous réserve de respecter les conditions posées par la Cabinet Decision No. 100 of 2023 et la Ministerial Decision No. 265 of 2023.
Pour le contribuable individuel placé sous sursis, le UAE Corporate Tax n'a pas d'impact direct sur l'exit tax française : ce sont deux impôts portant sur deux contribuables différents (la personne physique pour l'exit tax, la société pour le Corporate Tax). L'articulation se joue plutôt au niveau des distributions reçues par la personne physique, lesquelles relèvent — pour un résident fiscal émirien — du régime fiscal de l'État de la source en application de la convention bilatérale.
La sécurisation du sursis suppose, dans la durée, de pouvoir documenter sans ambiguïté la résidence fiscale émirienne. Trois critères alternatifs sont prévus par la Cabinet Decision No. 85 of 2022 :
Le Tax Residency Certificate (TRC) délivré par la Federal Tax Authority constitue un élément probatoire utile, mais il n'est pas opposable à l'administration française dans tous les cas : la résidence fiscale est, du côté français, appréciée au regard de l'article 4 B du CGI et, le cas échéant, de la clause de départage de la convention de 1989.
Dirigeant fondateur d'une SAS française, 47 ans, marié sans enfants. Détient 100 % d'une société valorisée 5 000 000 € à la veille du départ, contre un prix d'acquisition cumulé de 100 000 €. Plus-value latente : 4 900 000 €. Aucun abattement applicable (titres acquis après le 1er janvier 2018).
Calcul de l'impôt brut sans sursis : 4 900 000 € × 31,4 % (PFU 12,8 % + prélèvements sociaux 18,6 %) = 1 538 600 € exigibles à la date du transfert.
Avec sursis sur option du V : aucun versement immédiat. Garanties à proposer 90 jours avant le départ ; représentant fiscal à désigner. Si les titres sont conservés 5 ans (portefeuille > 2,57 M€), l'exit tax fait l'objet d'un dégrèvement automatique sur demande, à la condition stricte qu'aucun événement de déchéance ne soit intervenu entretemps.
Le départ vers Dubaï combine deux régimes complexes : le sursis sur option de l'article 167 bis V CGI et le régime fiscal émirien post-2023. La séquence opérationnelle minimale comporte un audit à T-12 mois (faisabilité du sursis, valorisation des titres), une préparation à T-6 mois (garanties, représentant fiscal), une formalisation à T-3 mois (proposition de garanties), une exécution à T-0 (transfert effectif), puis un suivi annuel sur 2 ou 5 ans selon la valeur du portefeuille.
Une heure en visioconférence pour passer en revue votre situation, calibrer votre exposition à l'exit tax et sécuriser votre transfert vers Dubaï. Tarif : 1 500 AED (≈ 380 €).
Réserver un audit